Déstabilisante Inde

 

    26 février au 26 mars 2018.

  On nous avait pourtant prévenu que ce pays ne nous laisserait pas indifférents!  C'est le cas de le dire.  On aime ou aime pas mais impossible de rester neutre!  L'Inde est un mélange de plein de choses que j'essaierai de résumer.

 

 

     Notre arrivée à l'aéroport de Delhi étant plutôt tard en soirée, nous avions réservé une chambre dans un hôtel près de l'aéroport pour une nuit seulement, par chance!  Le quartier très bruyant et le plâtre qui flottait dans l'air (tout autour semblait en construction) nous a donné le goût  de repartir aussitôt.  On a très mal dormi, avons attendu le déjeuner inclus pendant 2 heures (concocté sur le plancher d'une petite pièce près de notre chambre mais surprenamment très bon!) ) et payé un extra  au taxi qui nous amenait à l'autre hôtel car nous l'avons fait attendre puisque  notre déjeuner était en retard!  Bienvenue en Inde!

 

 

     Notre second hôtel, un "guesthouse", était, lui, génial.  Situé dans le quartier Houz Khas de Delhi, près d'un grand parc, notre hôte nous préparait un bon petit déjeuner tous les matins et nous permettait d'utiliser la terrasse sur le toit.  Stine, une Danoise amoureuse de ce pays, y faisait son yoga chaque matin.  Nous y avons aussi rencontré une famille néo-zélandaise qui commençait un périple indien de 3 mois!  Je croyais que New-Delhi était le nom de la ville mais en fait, New Delhi est une ville en soit, la capitale (elle abrite le parlement, la résidence du président et la cour suprême) au centre de Delhi.

 

 

     Notre première promenade dans la ville  nous a montré notre première de multiples vaches dans la rue.  Les vaches sont sacrées dans la  plupart des  états.  La vache est la mère universelle pour les Hindous, elle donne son lait à tous, pas seulement à ses veaux.  Elles déambulent dans les rues et sur les autoroutes ou on les contourne gentiment.  On a aussi pris le métro "très occupé", il y a quand même 25 millions d'Indiens à Delhi.  Chaque métro a son wagon pour femmes seulement.   Le viol et le harcèlement sexuel est malheureusement très présent dans ce pays.  Nous avons aussi vu un spectacle de danse et des jeunes femmes fêtant le Holi un peu à l'avance.

 

 

     Notre visite  a coincidé avec la fête du Holi  (ou fête des couleurs) le 2 mars.  C'est la fête hindoue de l'équinoxe du printemps.  On s'est habillé en pâle et on s'est fait colorer.  Même les animaux se font lancer de la couleur en poudre!  On avait trouvé une petite fête privée avec ambiance familiale  et un dj pour célébrer.  Après 2 heures, le dj s'est fait bousculer et n'a plus voulu mettre de musique.  Pas grave, on en avait vu assez et les filles étaient bien fatiguées d'avoir tant danser ;\  On a voulu prendre le métro pour retourner à l'hôtel mais impossible d'entrer avec toutes ces couleurs.  On a opté pour un tuktuk .

 

 

     On a visité plusieurs sites à Delhi.  Le temple  Akshardham, datant de 2005, en hommage à un des fondateurs de l'hindouisme moderne, Swaminarayan Samprada.  Les photos ont été prises sur le net car on n'avait pas le droit d'en prendre.  On a vu aussi un spectacle de fontaines et lumières magnifique pour clore cette belle soirée.

 

 

     Le temple du Lotus, ouvert en 1986, est dédié à toutes les religions. Nous avons assisté à une cérémonie de chants et de lectures islamiques, chrétiennes, judaïques, hindouistes et bouddhistes.  Pas de photos permises malheureusement à l'intérieur.

 

 

     On  est allé voir un temple Sikh.  Il fallait se couvrir la tête, même Pascal, et se laver les pieds avant d'entrer.  Il y avait un repas gratuit offert aux visiteurs !

 

 

     Nous sommes allés au Qutb Minar, un site  comprenant des mosquées,  des tombeaux et un minaret de grès de style afghan datant de 1193 et haut de 73 mètres.

 

 

     Pascal et moi sommes partis seuls un après-midi pendant que les filles faisaient des travaux scolaires.  On est allé voir Old Delhi.  J'étais presque contente qu'elles ne soient pas venues!  C'est extrêmement chaotique, plein de gens, autos, motos, tuktuk, vélos, vaches partout et chacun klaxonne pour signifier sa présence (on a d'ailleurs été témoin de 2 accidents entre moto-auto, dont un plutôt violent).   Bonne chance pour traverser la rue! Les trottoirs sont encombrés de vendeurs de toutes sortes.  Le marché public ou bazaar est sur la terre battue et  très occupé.  On pouvait même voir un match de lutte en passant.  Comme toujours, les regards des hommes sont très insistants.  Ceux des femmes et des enfants sont plus curieux.  Impossible de passer inaperçus!  On a voulu visiter la mosquée centrale mais sans succès.  J'ai refusé de payer le frais exigé pour prendre des photos car je ne souhaitais pas en prendre mais c'est plutôt un frais d'entrée déguisé...  En bref, Old Delhi est le seul endroit en Inde ou je me suis sentie un peu moins en sécurité et ou je ne me promènerais pas seule.

 

 

     Pascal a retrouvé un ami indien  à Delhi.  Pendant sa mission au Congo en 2012, il s'est lié d'amitié avec un militaire indien, Manouj.  Au fil des années, ils ont perdu contact donc Pascal n'a pas pu le prévenir de notre venue en Inde.  Pascal se rappelait que son père habitait Delhi car il avait gardé cette adresse.  On s'est rendu là-bas en espérant retrouver son père.  Pas de chance, il n'habitait plus là.  En parlant au voisin Pascal a réussi à retrouver Manouj, qui habite lui aussi  à Delhi!   Le voisin connaissait bien son beau-père en fait et a pu nous mettre en contact avec  lui. On a même passé une soirée en sa compagnie avec sa femme et son fils.  Les Indiens sont réputés pour souper tard...ce soir-là on a mangé à minuit!

 

 

     Quelques photos pêle-mêle de Delhi:  Art de rue,  match de cricket dans un parc,  India Gate, le parlement et un joli oiseau indien

 

 

     Après une semaine à Delhi, nous avons décidé de nous payer un tour un peu organisé avec chauffeur privé.  C'est plus simple pour visiter l'état du Rajasthan qui est peu desservi par les transports en commun.    Ce coin au nord-ouest du pays est très riche en histoire: rois, maharajas, forts, palais...  La royauté y fût aboli par Gandhi en 1970.  C'est un état très pauvre ou l'écart entre hommes et femmes est encore très grand.  Seulement 53% des femmes  savent lire et écrire, contre 81% des hommes. 

 

 

     Premier arrêt:  Jaipur ou Pink City (je dirais plus saumon que rose). Ville de 3 millions d'habitants fondée par Jai Singh II à la fin du 17 siècle.  Il a pris le pouvoir à 11 ans à la mort de son père.  On l'appelle Pink City depuis 1876 alors qu'elle a été peinte pour la première fois pour la venue du prince de Galles King Edward VII.  À ce jour, les résidents sont encore encouragés à peindre leurs maisons et commerces en rose. Cette ville est une des plus chaotiques visitées en Inde.  On devait se séparer en 2 groupes pour traverser la rue!  Les gens nous regardent intensément ici et les enfants veulent nous  parler et nous prendre la main.  La dernière photo montre des fleurs à vendre pour ensuite les offrir aux dieux hindous.

 

 

     Notre hôtel, un ancien palais, était magnifique. La terrasse sur le toit nous offrait une belle vue sur le chaos puisque nous étions en plein centre-ville.

 

 

     Le grandiose Amber Fort et ses zenana:  appartements des nombreuses concubines du maharaja qui lui permettaient de visiter une de ses femmes sans que les autres le sache.  

 

 

    Quelques photos du Hawa Mahal qui date de 1799 et qui permettait aux femmes de la famille royale d'observer la ville et les cérémonies qui s'y déroulaient sans être vues.

 

 

     Jantar Matar, observatoire construit pendant le règne de Jai Singh II, qui préférait l'astrologie à la guerre .

 

 

     Vue du fort Nahargarh sur la montagne et le Jal Mahal (1799), palais d'été pour la chasse au canard.

 

 

     Beaucoup d'artisans du textile et des pierres précieuses se trouvent dans cette ville. Nous avons visité une boutique d'imprimerie par bloc de bois ainsi qu'une bijouterie de pierres précieuses locales.  Laure s'est trouvé deux souvenirs:  un foulard de soir et une bague.  On a aussi vu plusieurs vendeurs de marbre sur la route.

 

 

     On a terminé l'aventure par un film indien, Pari, présenté dans un superbe cinéma, le Raj Mandir.  Le film était un peu épeurant pour Laure et en hindou non sous-titré .  On a quand même compris l'histoire et Laure n'a pas fait de cauchemars.

   

 

 Les 7 et 8 mars on a découvert une de nos villes préférées en Inde: Udaipur.  Le lac Pichola en son centre, de jolis ponts et des collines de part et d'autre des rives du lac ainsi que de beaux bâtiments font de cette ville un endroit charmant.  La terrasse sur le toit de notre hôtel nous permettait d'admirer la ville et les rues adjacentes étaient calmes.  Par contre, quelques mètres plus loin et le chaos de l'Inde nous rattrapait, dans des rues construites pour des carrioles mais utilisées par de grosses voitures...

   

 

 Le City Palace a été construit par le maharaja Udai Singh II en 1599 et a par la suite été amélioré à deux reprises par les rois successifs.  Udai Singh II a par erreur promis la main de sa fille à  deux princes, celui de Jaipur et celui de Jodhpur.  Il se rendit compte de sa grave erreur quand les deux princes arrivèrent en ville avec leurs cortèges royaux.  La seule solution pour éviter un guerre fût de sacrifier sa fille.  Plus de princesse, plus de problème!  Aucun homme de la cour n'eût le courage de planter son épée dans le coeur de la princesse comme le voulait la tradition.  Ce fût alors la responsabilité des femmes de lui faire boire un liquide empoisonné.  L'histoire veut que la princesse dû boire 4 tasses du liquide avant de finalement mourir.  

 

 

     Un joli jardin dont on a oublié le nom mais qui utilise la gravité pour faire fonctionner les fontaines.

 

 

     Les filles se sont fait dessiner un joli henné sur l'avant bras. La dame a pris environ 10 minutes pour les trois, à main levée!  Le dessin s'est effacé petit à petit dans les 10 jours suivants.

 

 

     Gaëlle s'est acheté un joli journal intime en cuir et a fait graver son prénom dessus.

 

 

     La ville suivante, Jodhpur, est surnommée la ville bleue.

 

 

     Ici encore c'est le chaos dans la rue et plus que jamais on sent la pauvreté des gens : ils sont prêts à tout pour nous vendre quelque chose.  Prêts à nous suivre pendant des mètres et à baisser leur prix de 75%.  Malheureusement pour eux, on ne consomme pas beaucoup : on est des voyageurs "cheap" et on a pas de place dans nos bagages!

 

 

     

     Le  fort de Mehrangarh à Jodhpur est un incontournable.  Les femmes y étaient aussi séparées des hommes, comme la plupart des palais et des forts visités dans ce coin de pays.  Fait intéressant, les tableaux sur le mur du musée étaient fait de feuilles d'or, de colle et d'urine de vache!  Autre fait intéressant, un film était tourné sur place pendant notre visite.

 

 

     Notre tour avec chauffeur tire à sa fin.  Petit  arrêt d'une nuit à Pushkar, une ville de pèlerinage hindoue ou on trouve un des rares temples dédié à Brahma.  Cette petite ville de 15000 habitants compterait 400 temples et 52 ghats (escalier qui descend dans un cour d'eau généralement sacré)!  On a pris un jeune guide qui nous a appris quelques faits intéressants (entre autre que les trois principaux dieux hindous sont Brahma, Shiva et Vishnou et qu'ils sont, dans l'ordre, générateur, destructeur et opérateur) mais qui nous a aussi arnaqué.  Il nous a emmené dans un ghat et nous a fait bénir par deux hommes car il a séparé la famille en 2.  Ces deux hommes ont ensuite exigé un don substantiel pour payer la bénédiction mais de façon à ce qu'on ne puisse pas refuser.  Pascal a donné 60$ et ils s'attendaient à ce que moi aussi je donne.... La petite cérémonie dans le ghat était bien intéressante mais a malheureusement laissé un souvenir amer quand on s'est rendu compte de l'arnaque.  Notre guide et notre chauffeur ont probablement eu une part du magot...  Bref, il faut toujours rester bien à l'affût et c'est la fin des guides pour nous!  En plus, la confiance en notre chauffeur est perdue.

 

 

     Malgré l'arnaque, Pushkar demeure une splendide petite ville avec son lac et son bazar.  On y croise beaucoup de touristes, surtout des backpakers hippies.  Notre hôtel est aussi très chouette, avec une terrasse-resto sur le toit.

 

 

     Sur une note plus joyeuse, Gaëlle a eu 14 ans le matin de notre départ de Pushkar.  On lui a acheté une boîte de sucreries indiennes (qui sont d-é-l-i-c-i-e-u-s-e-s!) juste pour elle en attendant de manger dans un bon resto le soir à Agra et de lui acheter un cadeau.

 

 

     Sur les 40 derniers kilomètres de la route entre Pushkar et Agra, on a pu voir des milliers de personnes marcher en sens inverse sur la route.  Les fidèles se dirigeaient vers la ville de Karauli au temple krishna Kaila Devi pour les célébrations du Navratri pendant 9 ou 10  jours (varie selon le cycle lunaire).  Des gens de tout âge en sandales et souvent sans sac marchent joyeusement 40 km en deux jours.  Sur la route on trouve des tentes pour dormir, de la nourriture et de la musique.  Les pèlerins  célèbrent sur place pendant quelques jours et reviennent à pied ensuite.  C'était génial de voir cette procession de gens en marche.  Ce qui était moins génial, c'était de devoir partager la route avec les voitures qui circulaient en sens inverse sur notre voie, faute d'espace sur la voie des marcheurs...

 

 

     Pour notre dernière destination avec chauffeur, on change de d'état.  Le Taj Mahal se trouve dans l'état Uttar Pradesh.  Ce majestueux édifice fût construit de 1631 à 1653 par l'empereur moghol musulman Shah Jahan  en l'honneur de sa troisième femme, morte en donnant naissance à leur 14e enfant.  Peu de temps après sa complétion, son fils le détrôna et l'emprisonna dans le fort Agra, d'ou il ne pouvait qu'admirer le Taj de sa fenêtre.  Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1983, le Taj est fait de marbre et de pierres précieuses.  Il abrite les tombeaux de l'empereur Shah Jahan et de sa troisième femme.  Les tombeaux que l'on peut voir à l'intérieur sont décoratifs.  Les vrais sont enfouis en-dessous.  Le bâtiment à gauche est une mosquée, utilisée par les fidèles le vendredi, jour de prière (le Taj est fermé aux visiteurs ce jour-là).  Le bâtiment à droite est vide mais identique à la mosquée de gauche.  On l'a construit pour la symétrie de l'oeuvre.

 

 

     Petite photo avec notre chauffeur qui malgré les quelques arnaques et son anglais boiteux était bien sympatique.  Une photo du souper de fête de Gaëlle:  elle a choisi le Mc Do!  Pas de boeuf dans les sandwichs par contre, la vache est sacrée ici...

 

 

     Notre prochaine destination était Varanasi, lieu du Gange sacré.  On s'y rendait en train de nuit.  Notre train, quand même très confortable avec couchettes et air climatisé (comparé aux wagons réguliers pas chers mais bondés), a eu 4 heures de retard.  Pas pire pour l'Inde.  Le hic, c'est qu'il s'est arrêté à un kilomètre de la gare de Varanasi, n'ayant plus de plate forme disponible vu son retard.  On voyait les passagers sortir du train et marcher sur les rails vers la gare et on se disait que sûrement on entrerait en gare bientôt...  Après deux heures d'attente (Maéva ne se sentait pas en forme, on l'a laissée se reposer sur la couchette), on a décidé de marcher nous aussi.  À travers les vaches, les gens et les trains, on a marché avec nos gros sacs dans la chaleur mais on s'est rendu! 

 

 

     Varanasi, ville de 1,4 millions d'habitants, aurait été constamment habitée depuis 7 siècle avant J-C.  Pour les Hindous, mourir ici signifie se libérer du cycle de la vie et de la mort  ou moksha (comme  atteindre le nirvana pour les bouddhistes).  On peut imaginer que la ville comporte plusieurs maisons de fin de vie pour les Hindous qui désirent  atteindre le moksha.  La tradition veut que le corps du défunt soit ensuite brûlé en voguant sur le Gange.  Nous avons vu plusieurs traces de ces cérémonies  mais pas de corps en feu sur le Gange.  La ville est très active et bruyante mais sur le Gange on profite de la tranquilité de ce lieu saint.  On a vu beaucoup d'Hindous se purifier en se baignant dans l'eau.  On a aussi assisté à une cérémonie de bénédiction du Gange ou puja qui, est célébrée dans plusieurs ghats de la ville, quotidiennement, matin et soir, par 4 ou 5 jeunes prêtres qui utilisent le feu en une genre de chorégraphie parfaitement synchronisée.

Une arnaque décrite dans notre guide ici:  le bhang lassi ou boisson au haschich et au yogourt est servi aux touristes ignorants qui se font dérober argent et objets de valeur alors qu'ils sont intoxiqués!

 

 

     Il était déjà temps de repartir de Varanasi en train de nuit vers Mumbai (ou Bombay).  Couchettes à l'air climatisé, on était encore une fois très confortable.  Comme le montrent les photos, certains wagons n'étaient pas aussi propres que le nôtre, ainsi que les terrains bordant la voie ferrée.  Dernière photo : la gare de Varanasi.  J'aime la mentalité indienne et leur "no problem madam".  Il ne reste plus de banc pour s'asseoir dans la gare?  No problem, le sol fera tout aussi bien l'affaire, et pourquoi pas? 

 

 

     Mumbai ne fût qu'un rapide arrêt d'une nuit.  On a vu la ville dans les taxis de la gare à l'hôtel et de l'hôtel à l'aéroport.  C'est une ville immense qui compte 21 millions d'habitants ou se côtoient des extrêmement pauvres et des immensément riches. Notre hôtel était dans un quartier miteux près du plus gros bidonville de l'Inde, Dharavi.  On avait donc pas le goût de sortir. 

     Les bidonvilles de Mumbai logent 60% des habitants de la ville qui génèrent 700 millions de dollars par année avec leurs commerces diverses.  Les maisons vont de tôles rouillées à plusieurs étages en ciment.  15% des enfants deviennent des cols blancs et souvent décident de rester dans leur quartier d'appartenance.

     La ville est extrêmement polluée et est une des moins "verte" du globe: seulement 2,5% de sa superficie est dédiée aux parcs.

     Mumbai est aussi l'épicentre de l'industrie du bollywood; on y tourne 1000 films par année.

 

 

     Un de nos souvenirs: une boîte à lunch indienne ou dabba.  Les dabba wallah sont des hommes qui livrent des repas chauds aux travailleurs de Mumbai.  Les boîtes proviennent de restaurants ou de la maison des épouses des travailleurs.  Elles sont amenées au centre de tri en vélo, en train ou sur la tête (!) ou, puisque plusieurs dabba wallah sont analphabètes, un système sophistiqué de numéros et de couleurs est en place pour la livraison.  200 000 repas sont livrés en moyenne par jour et on dénombre une erreur par 6 000 000 de repas!  Le film de 2013 "The lunchbox" montre bien ce système, avec une histoire d'amour en prime!

 

 

     La prochaine destination était la ville de Kochi dans l'état du Kerala.  On est maintenant dans le sud de l'Inde et y fait chaud! (35-37 plus humidité, ouf!)  On se croirait dans un autre pays.  On trouve du boeuf dans les restos, les routes sont beaucoup moins chaotiques et aucune vache ne se promène librement.  Les gens sont catholiques (héritage portugais) et musulmans ici, pas hindous.  La ville baigne dans l'océan indien.  On y voit d'immense filets chinois jadis utilisés pour la pêche.

 

 

     On a assisté à un spectacle traditionnel, le kathakali, qui consiste en des mouvements de mains et des expressions faciales, bizarre mais instructif!

 

 

     Gaëlle a trouvé son cadeau de fête, un salwar.

 

 

     Le clou de notre séjour ici:  grand appartement moderne au 24e étage avec accès au gym et à la piscine.  On avait d'ailleurs pas le goût de bouger, avec la chaleur et le marathon de villes visitées au Rajasthan, sauf Pascal qui avait des fourmis dans les jambes.

 

 

     C'est ici que Pascal s'est rasé mais a gardé une moustache "indienne" comme il l'appelait, pour  "fitter dans le moule"!

 

 

     On a pris un train vers la ville d'Alleypey aux nombreux canaux, surnommée la petite Venise.  

 

 

     C'est ici que Pascal a eu 44 ans, célébrés au Mushroom, un restaurant de poulet grillé.

 

 

     Étonnamment, le communisme  est très présent dans le sud de l'Inde comme en fait foi ces affiches de Lénine.

 

 

     Il est possible de louer une maison-bateau et de passer la nuit en voguant sur les eaux des "backwaters".  Nous avons malheureusement manqué cette opportunité.  Je croyais qu'on aurait pu louer le bateau  à notre prochaine destination mais sans succès.  Nous voulions arrêter dans la ville de la hugging-mother, Amma, et cet arrêt nous a coûté la maison-bateau car impossible d'en trouver à Amritapuri.  Le trajet en traversier était quand même magnifique.

 

 

     L'ashram de Amma...expérience surréelle!  Il abrite 3000 résidents, des moines, soeurs, étudiants, familles, backpackers, Indiens et étrangers, beaucoup de gens seuls à la recherche d'un sens à leur vie.  Ils y sont tous pour Amma, une prophète?, un gourou?, je ne sais pas trop!   Ici on médite, fait du yoga, des traitements ayurvédiques, des retraites silencieuses,  des chants, des prières, toutes religions confondues.  On doit porter des vêtements longs et amples.  Les chambres ne coûtent presque rien et les repas sont inclus.  Les repas sont servis dans la vaisselle de métal qu'on rinse avant et après et on mange avec nos mains!  On doit faire 2 heures de travaux communautaires par jour pour que la mission roule: repas, vaisselle, lavage...  Nous on a plié des magazine de l'ashram livrés aux quatre coins du globe.  Car elle est connue cette Amma.  Elle se promène partout dans le monde, elle était d'ailleurs absente lors de notre passage.  Quand elle y est, elle offre 3 ou 4 séances de câlins par semaine pour réconforter et semer de l'amour.  Ces séances peuvent durer plus de 12 heures, pendant lesquelles elle parle à son personnel en faisant des câlins, pas une minute à perdre!  Elle semble être impliqué dans toutes les activités de son organisme, qui donne des millions aux victimes de catastrophes naturelles, en Inde ou ailleurs.  Elle sera à Toronto cet été.  Qui sait, notre curiosité l'emportera peut-être et on ira chercher un câlin réconfortant!   Le complexe sue le bord de l'océan mais pas le droit de baignade à la plage, on dit que le courant est dangereux. Il est aussi suggéré de ne pas sortir du complexe, de ne pas manger dans les restaurants à l'extérieur...Ce qu'on a fait depuis 3 semaines!  Probablement pour les touristes étrangers aux estomacs sensibles qui viennent directement à l'ashram.  Pas non plus le droit de prendre des photos.  On a triché du haut de la terrasse de notre édifice de logement.

 

 

     Le style vestimentaire adopté par Pascal chez Amma :)

 

 

     Après un séjour relaxant à l'ashram, on se dirige vers notre dernier arrêt en Inde: Tritvandrum ou de son vrai et long nom, Thiruvananthapuram.  Pour s'y rendre, on a pris un bus local à l'ashram vers la ville de Karunagappally.  On a ensuite marché plus de kilomètres avec nos gors sacs sur le dos dans la chaleur intense du Kerala.  Arrivés enfin à la gare, sans billets, on a découvert que les seuls billets qu'il est possible d'acheter le jour même sont ceux des places non réservées.  On a du marcher dans le train pour trouver des places séparées pour nos sacs et nous.  C'était un vendredi et le train était plein!  Heureusement, après quelques arrêts dans différentes stations on a pu rapatrier la famille et les sacs ensemble.

 

 

     Dans le sud de l'Inde, la majorité des hommes d'âge mur porte  le dhoti, une longue bande de tissu portée longue ou courte.

 

 

     Les camions de l'Inde, très colorés!

 

 

     On s'est fait demander de nombreuses fois de se laisser prendre en photo et souvent on a été pris sans notre consentement!  Pour rire, je demandais 50 roupies (1 dollar) pour chaque photo prise de nous.  Ce monsieur m'a trouvé bien comique :)

 

 

     Le bureau de poste ou on a envoyé un colis à la maison avec des vêtements chauds et quelques souvenirs.  Il a été livré en 10 jours!

 

 

     Section immense de bouffe, on a tellement bien mangé ici!

 

Samosa \ Chai tea \ 7up au masala...pas sûr encore... \ Le momo:  version indienne des dumplings chinois \ Petite pâte sucrée offerte aux visiteurs du temple sikh \Poulet au beurre et ses à côtés \ Masala tea \ Tempura indien \Jalebi:  pâte frite et sucrée \ Pani puri préparé à la main : tous les ingrédients (nouilles sèches, patates, pois chiches, coriandre) écrasés et mis ensemble par les mains du vendeur de rue mais c'était bon et on a pas été malade! \ Nouilles sèches \ Digestif servi à fin du repas: graines de fenouil et sucre \ Version bonbon du même digestif \ Mc paneer épicé \ Mc maharaja au poulet, le big mac des Hindous \ Dal bathi \ Bati (galette en morceaux, sucrés \ Dabeli: sandwich avec fromage, maïs, nouilles sèches... \ Douceurs indiennes \ Gomme cardamom et orange \ Thali végé \ Repas Air India \ Soan cake, comme un gateau à la barbe à papa \ Oeuf kinder indien \ Croustilles indiennes que je trouvais chez Loblaws: trop bonnes! \ Dosa (crêpe mince) \ Plat de l'Inde du sud \ Falooda: vermicelles, graines de psyllium, sirop de rose et crème glacée.

 

 

     Jour du départ à l'aéroport, direction Dubaï.  Ces deux filles étaient contentes de quitter ce pays!

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Commentaires: 5
  • #1

    Diane T. (vendredi, 13 avril 2018 16:26)

    Magnifique description de votre passage en Inde, c'est passionnant de vous suivre, tellement intéressant, instructif et très apprécié. Merci encore, mon�est avec vous xxxxx

  • #2

    Karine (samedi, 14 avril 2018 09:31)

    J'ai bien aimé merci pour vos nouvelles. J'ai hâte de vous revoir tous. Xxxxooooo

  • #3

    Marie-Eve (samedi, 14 avril 2018 18:47)

    Encore une fois sublime. J'adore les photos. Bonne continuité

  • #4

    Brigitte et Simon (dimanche, 15 avril 2018 11:10)

    On s'est senti envahi par l'Inde en lisant votre blog même a l'autre bout de la planète.

    On a hâte de vous voir. Prenez bien soin. Bonjour aux filles de nos filles.

    Peu pas ne pas souligner la moustache. Beau pétard!!

    J'avoue que la "ride" d’éléphant m'a rempli de Jalousie (je sais que je suis pas dans le bon blog... lol) Je pense je partirais en avion pour séjourner une journée juste pour ça... gang de chanceux..!!!

  • #5

    Jordan (dimanche, 15 avril 2018 16:04)

    Vraiment beaux hennas!!!!!!